Estonie – un pays insolite

Estonie – un pays insolite

14 décembre 2018 0 Par Jolan et Sarah

Nous quittons le port d’Helsinki et en quelques heures nous voilà dans le premier pays Baltique du voyage : l’Estonie. Tallinn est une petite capitale et nous décidons de la visiter assez rapidement. Nous montons sur un ancien bâtiment soviétique. Il fût construit pour les Jeux Olympiques de 1980 (une épreuve de voile s’est déroulée dans la mer Baltique à Tallinn). Depuis le bâtiment, nous avons une jolie vue sur la mer, le port et une partie de la ville. On aperçoit les allées et venues des bateaux.

vue sur la mer

Ensuite nous sortons du centre-ville pour nous hisser au point culminant du pays, une tour de télévision haute de 314 mètres. Les visiteurs peuvent monter jusqu’à 170 mètres avec une vue panoramique à 365°. Et pour les plus courageux d’entre eux, vivre une expérience au bord du précipice. L’entrée pour la tour est assez chère. Mais inclus aussi le prix du musée soviétique, qui explique la vie pendant cette époque. Mais la vue d’en haut est superbe et en vaut le détours. Nous retournons au centre de Tallinn après plusieurs heures au-dessus des nuages et dans le très intéressant musée.

Nous prenons quelques clichés de monuments dans le centre-ville, avant de reprendre la route et  trouver notre premier lieu de bivouac. Nous dénichons une forêt à côté d’un petit lac, ce qui nous rappelle la Scandinavie, mais nous nous rendons vite compte que l’atmosphère du pays n’a rien avoir avec les pays nordiques. Déjà les gens parlent beaucoup moins bien l’anglais hors de la capitale. De plus, l’état des routes y est bien différent. Dans la petite forêt, qui sert aussi de piste de moto cross, il y a énormément de déchets. Le repère d’un pêcheur avec son petit feu de camp ressemble à une décharge, canette en alu et bouteille en verre dans le foyer. On peut dire qu’on a vécu notre premier gros changement du voyage. Une fois notre bivouac installé. Nous nous glissons dans nos sacs de couchages pensant pouvoir nous endormir paisiblement. Mais c’était sans compter les nombreux passages de motos jusqu’après la tombée de la nuit. Heureusement ça finit par s’arrêter et nous tombons dans les bras de Morphée.

Au petit matin, une nouvelle surprise nous attend, les cueilleurs de champignons. Ils étaient un peu intrigués par notre présence dans la forêt, mais nos hamacs ne les ont pas dérangés outre mesure. Ce ne sera pas les derniers chasseurs de champignons que nous croiserons. Ah non, ici c’est le sport national! Les champignons se ramassent par bidon sur le territoire Estonien.

champignon

Nous prenons la direction d’un lieu assez spécial : le « Ämari Pilots’ Cemetery » un cimetière de pilotes soviets, dont les pierres tombales sont faites d’ailerons d’avions. Nous nous rendons ensuite dans un lieu encore plus insolite qui ne fait pas partie des attractions touristiques de base : la prison de Rummu. Cette prison était en activité durant la période d’occupation soviétique et a été inondée, après la création d’un lac artificiel dût à une carrière. Nous avons découvert ce lieu grâce au site internet « Atlas Obscura » qui recense tous les lieux insolites à travers le monde. L’endroit est assez difficile d’accès, car une partie est une propriété privée et un mur fait le tour de l’ancienne prison. Nous commençons l’aventure en empruntant un chemin très accidenté avec des trous et d’énormes flaques d’eau. Nous essayons de contourner le mur et de trouver une des entrées pour voir la prison immergée. Il nous faut encore faire passer les vélos avec tout le chargement par-dessus un petit muret et nous voilà près du lac. Nous cachons nos vélos dans la forêt et escaladons le mur d’enceinte de la prison. Nous avons une magnifique vue sur la prison de l’autre côté du lac et sur l’étrange montagne sculptée par l’extraction de sable de la carrière. Nous faisons le tour du lac pour voir ça de plus près. Ça nous rappelle notre visite du Buzludzha lors d’un voyage en Bulgarie. On passe plusieurs heures à explorer le site et escalader la montagne. Mais nous ne sommes pas seuls, des visiteurs arrivent en bateau, le tourisme d’aventure commence à se développer ici. Et quelques autres personnes sont arrivées en voiture. Une fois satisfait de notre exploration, nous retournons de l’autre côté du lac et installons le bivouac dans la forêt.

Le lendemain matin, c’est reparti pour l’aventure, à travers les campagnes estoniennes… Lorsque nous mettons plusieurs jours pour rejoindre un lieu d’exploration ou de visite, nos journées se résument à pédaler, pousser le vélo (oui le sable à vélo c’est génial…), chercher de l’eau et un endroit pour la nuit. Sur le chemin, nous voyons des traces de roues parallèles. On se demande ce que ça peut bien être, car il y en a deux, des charrettes ? des poussettes ? des valises à roulette ? cela nous intrigue durant plusieurs kilomètres jusqu’à ce que nous tombions sur les personnes qui étaient à l’origine de ces fameuses traces. Deux hommes, des voyageurs avec chacun une remorque accrochée à la taille. Nous nous arrêtons à leur niveau et commençons à discuter avec eux. Ce sont deux allemands qui voyagent depuis plus de 4 ans et demi, sans argent !  Nous avons longuement discuté avec eux et ils nous ont beaucoup inspirer. On vous laisse le lien de leur blog/site internet si ça vous intéresse : https://lebensabenteurer.de/ c’est en allemand, mais ils ont une version en anglais ou alors Google Translate est votre ami.

deux voyageurs

Nous reprenons la route et retrouvons avec joie quelques kilomètres de bitumes, avant de retourner sur nos chères routes de gravier. Une petite pause pour le pique-nique sur une jolie table en bois avec un toit et on continue à travers les campagnes. Plus tard, nous voyons deux bidons de mirabelles en self-service gratuit et nous en profitons pour agrémenter notre réserve de fruit. Nous avons trouvé un lac où nous pensions faire le plein d’eau, mais l’état du lac de nous inspire guère et nous poursuivons sur cette route de sable où les voitures passent à vive allure soulevant des nuages de poussière qui nous aveugles. Nous nous arrêtons près de la rivière qui est alimentée par le lac, mais dont l’eau à l’air plus potable. On pompe de l’eau afin de remplir nos gourdes et avoir de quoi cuisiner le soir. Nous nous installons ensuite un peu plus loin de l’autre côté de la route et préparons de quoi manger avant de nous endormir confortablement installé dans nos hamacs.

Le jour suivant, nous traversons des kilomètres de routes en mauvais état, quelques kilomètres d’asphalte et encore du gravier qui nous fait avancer à faible allure. J’heurte plusieurs fois des pierres sur la route et perd ma gourde, mais je ne m’en rends compte que des kilomètres plus loin. Je rebrousse alors chemin en quête de ma gourde à travers les routes en sables jusqu’à arriver sans succès à la route en goudron sans avoir rien trouvé. Mais au moment où je m’apprêtais à laisser tomber, un homme que nous avions croiser sur une grosse machine s’arrête à côté de moi et me tend avec un sourire ma gourde pleine de terre qu’il avait ramassé. Je suis si heureuse et émue (comme quoi parfois des petites choses deviennent importantes) que je n’ai pas les mots pour remercier l’homme et lui montre ma reconnaissance avec le signe des mains jointes. Je fonce ensuite comme une furie pour rejoindre Jolan. Nous reprenons la route avec beaucoup de retard sur l’itinéraire prévu et nous arrêtons au prochain village pour faire le plein de nourriture. J’attend dehors pendant que Jolan fait les courses. Une femme qui était arrivée à vélo me demande si je parle estonien. Puis en anglais, elle me demande d’où l’on vient et où l’on va. Elle va bientôt commencer un voyage à vélo et est très intéressée par notre aventure. Elle nous invite à passer la nuit chez elle dans sa petite ferme bio située dans le village voisin. Nous sommes heureux d’avoir un endroit où passer la nuit, car l’état de routes et la recherche de la gourde nous ont exténués. Arrivés chez Nele, elle nous offre à manger et nous fait visiter son énorme jardin avec pleins d’arbres fruitier. Nous mangeons quelques poires directement cueillies sur l’arbre. C’est un régal. Notre hôte est une femme très occupée par sa ferme bio et les préparatifs avant son départ d’un mois à vélo direction Lisbonne. Nous partageons notre aventure surtout pendant le succulent repas du soir et le petit déjeuner. Nous goûtons aussi les fromages de la ferme et apprenons que Nele à souvent des gens qui viennent l’aider par le site Woofing.

C’était une très belle rencontre qui nous a touché. Nous vous partageons le lien du site internet où vous pouvez retrouver les produits de Nele qui sont aussi vendu en ligne. https://sepamahetalu.wordpress.com/talutoodang/

 

Nous prenons la direction de Pärnu, la ville la plus proche, avec sa jetée des amoureux. (Lisez son histoire sous la photo Instagram disponible en page d’accueil) Dans la ville nous découvrons l’existence de RMK (https://www.rmk.ee/en), site où l’on peut trouver des zones de camping gratuit, comme les shelters danois. Le site internet indique aussi de nombreuses balades et randonnées dans le pays. Un site trop cool qui nous permettra de trouver des jolis endroits pour camper.

A Pärnu nous bivouaquons dans la tour d’observation ornithologique d’une petite réserve naturelle infestée de moustiques en bord de mer.

bivouac dans une tour d’observation

Nous quittons la ville au petit matin, fuyant les moustiques pour rejoindre la campagne, le calme, la forêt et bien sûr les routes en gravier. Nous arrivons à notre première place de camping de RMK, avec toilettes sèches, place pour faire du feu et même une grange pour s’abriter en cas de pluie ou si on n’a pas de quoi dormir dehors. C’est un endroit charmant où nous faisons de la confiture avec les mirabelles que nous avons récupérer au bord de la route. Nous faisons aussi des galettes de glands accompagné d’une belle salade de dents-de-lion, plantain et d’autres bonnes choses. Les jours suivants se rythment par les lieux que nous trouvons grâce à RMK. Sur la route pour voir une statue en bois d’un dieu local nommé Peko, nous tombons sur deux statues en bois du même style et des mêmes dieux.

Peko

Satisfait par notre découverte inattendue, nous changeons notre itinéraire pour rejoindre plus rapidement un autre lieu insolite : les mégaphones dans la forêt près de Pähni. Ces mégaphones géants ont été créé par des étudiants pour permettre au promeneur de mieux écouter les bruits de la forêt. Le principe est vraiment cool mais le son ne semble pas s’amplifier énormément.

Nous achevons notre séjour estonien par une nuit pluvieuse dans un mégaphone géant. Cela résume bien l’Estonie, l’insolite est partout.