La Suède – une magnifique épopée

La Suède – une magnifique épopée

24 septembre 2018 0 Par Jolan et Sarah

Notre épopée suédoise semble impossible à résumer en quelque ligne. Mille kilomètres à travers des paysages idylliques et une météo incroyable favorisant la découverte de ce merveilleux pays! Les rencontres avec les autochtones ont été fabuleuses. Les suédois sont vraiment des gens extraordinaires! Mais commençons par le début.

Les routes suédoises

Une (très) pénible route nous mène depuis la frontière Norvégienne au milieu de nul part. Nous ne rencontrons ni véhicules ni âmes qui vivent sur les routes en gravier poussiéreuses. Le GPS indique le prochain magasin à plus de 100 kilomètres. Nos réserve de pain ne vont pas tenir cette distance. Tant pis on mangera des pâtes ou du riz à la place pour le repas du matin s’il le faut. Pour la première fois dans ma vie, j’ai vraiment l’impressions d’être loin de la civilisation. Ce n’est pas juste une journée de vélo sur ces routes, c’est plutôt trois jours, compte tenu de l’état des routes, du dénivelé et de nos petites roues de 16 pouces, qu’il nous faudra pour atteindre le premier magasin. Mais pas de stress, nous n’allons pas mourir de faim! On a juste plus de pain!

au milieu de nulle part

Le soir, nous nous baignons dans un lac magnifique mais pas de chance, à cause de la chaleur le niveau du lac a beaucoup baissé! Les algues ont proliféré. La baignade ressemble plutôt à un bain de boue et d’algues. Nous ressortons complètement vert, bien moins propre qu’avant. Nous pompons de l’eau avec notre filtre pour pouvoir nous rincer avant de nous rhabiller. Le soir nous prenons un violent orage. Il soulage l’écrasant poids de l’air qui pesait sur nous et qui m’empêchait de dormir.

Le lendemain, après une bonne matinée de vélo, nous trouvons une supérette! Nous nous empressons de refaire nos réserve de pain et d’ajouter ce petit magasin sur la base de donnée d’open street map. L’état des routes semblent s’améliorer, mais après une dizaine de kilomètre nous comprenons que les routes goudronnées n’existe que dans les agglomérations et sur les routes importantes… Et comme nous ne suivons pas les routes importantes pour éviter la circulation… on se résigne à rouler sur des routes en gravier. Quelque fois des véhicules nous dépassent à vive allure dans un nuage de poussière. On remarque une énorme différence d’attention portée par les automobilistes aux cyclistes par rapport au Danemark et au Sud de la Norvège. Malgré cela, la faible fréquentation de ces routes font que nous sommes vraiment tranquille pour pédaler.

un paysage typique suédois

un paysage typique suédois

Invité d’honneur

Après une longue journée bien remplie de paysage magnifique et de route forestière, nous projetons de camper au bord d’un grand lac situé quelques kilomètres après une petite agglomération. Sur notre carte un chemin mène au bord du lac. Après encore quelques kilomètres, nous arrivons sur place. L’orage menace, on voit au loin la pluie qui s’abat sur la forêt infinie. De temps en temps, nous recevons quelques gouttes histoire de nous rappeler que la pluie arrive. Nous empruntons le chemin du lac, quand soudain nous nous retrouvons au milieu d’une série de maison rouge en bois. Je commence à déchanter en voyant les maisonnette surgir de partout. Il sera impossible de camper ici. Une dame âgée nous salue de la main, nous lui rendons bien sur son salut avant de poursuivre sur le chemin. Il finit en cul-de-sac devant une dernière maison. Nous revenons sur nos pas. Sarah va demander à la dame si elle sait où il y aurait un endroit pour mettre nos hamac près du lac. Elle répond par «voulez-vous un café?». Nous acceptons malgré que nous ne buvons pas de café. Sarah et moi racontons notre voyage à Gerd, qui parle un peu anglais. Puis elle nous proposer d’installer nos hamacs sur ses arbres au bord de l’eau, mais après un coup de fil, elle nous dit qu’elle pourrait peut-être nous faire dormir dans une petite cabane à côté de la sienne. Nous nous y installons avec joie après un peu de ménage. Elle nous offre ensuite quelque chose à manger, tout en parlant de nature et voyages. Et je finis par trinquer au whisky, jusqu’à ce que je m’écroule dans mon lit. Le lendemain, nous nous levons étonnamment tôt, nous profitons pour faire une baignade dans le lac. L’eau fraîche de la baignade nous revigore et achève de nous réveiller. On déjeune en compagnie de notre charmante hôtesse, puis on va faire un tour en bateau sur le lac avec son fils, Arne. Le lac est plutôt grand et parsemé de petite îles qui sont parfois habitées. De retour sur la terre ferme, je montre du doigt une paire de ski nautique en souriant à l’idée que les suédois en font leur sport d’été. Arne me demande avec un sourire si je veux essayer… J’hésite, puis je décide de me lancer, une telle occasion ne se présente pas tout les jours. Je file me changer et je chausse ces grands ski en bois. Sarah est dans le bateau.

Premier démarrage, je sens toute la force du bateau à moteur tirer sur mes bras. Je ne lâche pas. Mon corps glisse sous l’eau jusqu’à ce que je perde un ski, ma tête passe en avant et je file après le bateau tel un poisson pris à l’hameçon. Je bois quelques tasses avant que le bateau ne s’arrête. Arne me dit qu’il faut lâcher tout de suite la corde si quelques choses ne va pas. On reprend. Cette fois-ci, je parviens à sortir de l’eau en usant de la force de mes bras. Je tiens sur les ski quelques secondes avant de piquer du nez dans l’eau froide.

Troisième essai, je comprends soudain qu’il ne faut pas tirer sur ses bras. Il faut seulement aligner son corps à la surface de l’eau, laisser les deux skis pointer hors de l’eau et tendre ses bras le long de son corps. Je crie que je suis prêt. Cette fois-ci, je sors instantanément de l’eau et je me retrouve à skier sur un magnifique lac éclairé par un beau rayon de soleil. À ce moment précis je comprends pourquoi certains suédois pratiquent le ski nautique. Après quelques minutes entre extase et concentration, je prends une vague qui me fait tomber. L’expérience s’achève là, j’ai trop froid pour continuer mais je suis satisfait.

Après l’effort, le réconfort. Nous sommes invités à partager un dernier repas avec Gerd, Arne et sa femme. Pendant le repas, on nous propose de nous pousser un bout en voiture, car les routes sur les prochains kilomètres sont en gravier. J’hésite, mais Sarah accepte la proposition. Arne nous conduit 26 km plus loin et nous indique la route à suivre pour rejoindre Mora par une route goudronnée. Nous le remercions et reprenons la route sur quelques kilomètres le baume au cœur après la rencontre de cette adorable famille.

En regardant le GPS, nous comprenons que la route qu’on nous indiquait passe par un axe routier à grande vitesse. Cela serait certes de l’asphalte mais vu l’allure des voitures, ça serait plutôt dangereux et épuisant avec le bruit des véhicules. De retour sur les routes en gravier afin d’éviter le trafic, nous prenons une petite averse et cherchons rapidement un endroit pour le bivouac avant la grosse pluie annoncée pour la fin de journée. Comme à notre habitude nous trouvons un petit lac et installons le campement. Le lieux nous émerveille par les milliers de myrtilles bien mûres qui tapissent la forêt. La cueillette s’impose et nous remplissons une boîte à ras bord de ces baies délicieuses. Nous nous régalons et agrémentons notre repas du soir avec des myrtilles.

Mora

La pluie s’abat sur notre tarp durant la nuit et jusqu’au lendemain matin. Nous démarrons après la pluie direction Mora et arrivons en milieu d’après-midi dans la ville. Nous patientons sur un banc près de l’arrivée d’un triathlon, sponsoriser par « Mora Kniv », nous sommes bien dans la ville des fameux couteaux suédois. Le soleil est de la partie et nous profitons de se moment paisible pour bouquiner un peu avant de rejoindre notre hôte chez lui. En début de soirée nous retrouvons Henrik dans sa jolie petite maison. Nous discutons un moment, puis il propose de nous emmener au sommet d’une petite montagne ou il va courir. Nous prenons la route jusqu’au pied de la colline et la gravissons en marchant, avant d’atteindre le sommet d’où nous avons une vue magnifique sur Mora et les lacs qui l’entoure avec une luminosité magique. Sur route pour rentrer, nous faisons un plongeons dans le lac avec Henrik qui profite de son dernier jour de vacances.

plonger dans un lac suédois

plonger dans un lac suédois

A notre retour, il nous concocte de délicieuses pâtes au pesto, certainement les meilleures que nous avons mangées jusqu’ici. Pendant le repas nous parlons voyages, aventure et découvertes du monde. Nous nous sentons très à l’aise avec cet homme qui à l’âge de nos parents et une ouverture d’esprit incroyable. Henrik nous a beaucoup touché, on l’appel même notre « papa suédois » quand on repense à lui. Nous avons partager une deuxième soirée exceptionnelle en sa compagnie, mais cette fois c’était nous les chefs cuistot avec un bon gâteau au fromage, suivi par une séance de décorticage de grosses baies pour en faire de la confiture. C’est encore une fabuleuse rencontre qui nous a beaucoup inspiré et nous a réchauffé le cœur.

en amoureux à Mora

en amoureux à Mora

le panorama depuis la colline de Mora

le panorama depuis la colline de Mora

Direction la Mecque des haches

Il est temps de reprendre la route, direction Gränsfors Bruk, après la ville des couteaux, nous partons pour le village des haches. Sur la route nous continuons à nous baigner régulièrement dans des lacs et des rivières. Il nous faudra 6 jours pour arriver au musées des haches, car celui-ci est fermé le week-end, nous prenons donc notre temps pour effectuer les quelques 240 km qui nous y emmène. Un jour, sur la route, nous sommes surpris par la pluie et nous nous arrêtons juste au bon moment, dans une petite auberge, avant l’orage. Nous patientons quelques heures autour d’un thé et faisons la rencontre d’Eva, une femme qui travaille dans l’auberge et qui souhaite suivre nos aventures. Nous la recroiserons sur la route le lendemain, alors qu’elle passait en voiture près de notre coin de pique-nique. Une fois arrivés à Gränsfors Bruk, nous allons visiter le musée, qui est en rénovation pendant l’été. Nous pouvons tout de même voir différents styles des haches, manches et têtes de haches, selon leur utilité dans les différents corps de métiers et selon l’époque. Nous enfilons ensuite des gilets jaunes fluo et des bouchons pour les oreilles afin d’aller visiter la forge qui est impressionnante, avec toutes ces grosses machines à forger. Après la forge, nous essayons le lancer de haches, ça m’éclate et je me débrouille plutôt bien. Sarah à un peu plus de peine, mais nous rigolons bien. Un petit tours dans la boutique où je craque pour une « hand hachet » une petite hache qui passe facilement dans mon sac à dos.

lancer de hache

lancer de hache

Direction Umeå

Nous continuons notre périple suédois en direction du nord, et longeons maintenant la côte Est. Cette partie du pays est plus développée et nous roulons plus souvent sur des routes goudronnées, à notre plus grand plaisir. Nous arrivons à Sundsvall, où nous logeons chez Samuel, encore une fois grâce au réseau d’hébergement Couchsurfing. Notre hôte est passionné et étudiant en histoire, nous en apprenons donc un peu plus sur l’histoire de la Suède et des pays Scandinaves. Samuel est un personnage vraiment intéressant qui connait plein de chose sur son pays. Nous apprécions vraiment notre séjour en sa compagnie. Nous continuons notre route en direction d’Umeå. Les paysages enchanteurs se succèdent. Les axes routiers sont beaucoup plus fréquentés. L’itinéraire nous fait passer sur une sorte d’autoroute, les voitures roulent à plus de 100 km/h.

Finalement nous arrivons à Umeå où nous passons une dernière nuit dans la forêt avant de prendre le ferry pour la Finlande. Notre emplacement de bivouac nous permet de récolter une quantité phénoménale de myrtilles sauvages. On en fera de la confiture pour nos prochain déjeuner.

confection de confiture sur le réchaud à bois