La Lituanie

La Lituanie

26 avril 2019 0 Par Jolan et Sarah

Nous entrons sur le territoire lituanien le 19 septembre 2018, il fait une chaleur cuisante. Quelques kilomètres après la frontière, nous nous arrêtons dans l’ombre d’un arbre pour pique-niquer. Nous continuons ensuite direction le premier village où nous voulons refaire nos provisions. Jolan entre dans le premier petit magasin alimentaire et en ressort avec presque rien, il m’explique que premièrement il n’y avait aucun fruits ni légumes et qu’il n’a pas trouvé de miel, mais seulement du sirop de glucose à l’arôme de miel… Nous sortons du village et nous dirigeons vers un parc que nous avons repéré sur la carte et où nous pourrions peut-être bivouaquer. L’endroit paraît propice, mais pour l’instant il y a beaucoup de passage. On s’installe à l’ombre sur une table de pique-nique couverte. Je me sens déshydratée et j’ai mal à la tête. Je n’ai pas assez bu et j’ai couvert ma tête trop tard. On se repose, on se réhydrate, on trace notre parcours sur notre carte d’Europe et vient l’heure de faire à manger. La préparation du repas commence par la collecte de bois et pendant que Jolan allume le feu, je découpe les légumes. Nous cuisinons toujours des plats très simples mais délicieux. Je fais aussi chauffer de l’eau pour mon thé et verse le surplus dans le thermos pour le lendemain. La nuit commence à tomber, il est temps de monter le bivouac. On installe nos hamacs et moustiquaires entre la table et un petit étang où nous avons pompé de l’eau. Une fois bien installer dans nos hamacs, le sommeil arrive rapidement, mais sur le parking il y a du mouvement dans la soirée. Plusieurs véhicules viennent et des hommes discutent entre eux. Cela dure assez de temps pour me faire un peu flipper et imaginer pleins de scénarios. Heureusement, peu de temps après, ils sont tous partis et je peux enfin me rendormir en tout sérénité.

 

Au petit matin, comme d’habitude, nous nous réveillons en douceur avec le lever du jour et remballons nos affaires pour démarrer une nouvelle journée de vélo. Ce matin là je ne me sens pas très bien, mais je pense que ça passera après avoir manger et bu un peu d’eau. Nous pédalons plusieurs kilomètres avant que je commence à me plaindre de douleurs musculaire/articulaire et de maux de tête. Je m’arrête pour mettre un peu de crème sur mes genoux qui sont douloureux et un peu d’huile essentielle sur mon front. Ce jour là nous avons mis nos casquettes dès le matin pour nous éviter des nouveaux coups de chaleur. Au fil des kilomètres, je me sens de plus en plus mal. J’ai l’impression que je vais m’évanouir et j’ai la nausée. Nous n’atteindrons pas l’objectif que nous nous étions fixé. Nous cherchons un endroit pour bivouaquer et trouvons enfin un coin de forêt après avoir parcourus 59km. L’endroit n’est vraiment pas idéal pour le bivouac mais je ne suis pas capable d’aller plus loin. Je bois de l’eau et peu de temps après, je vomis tout. Je fais une sieste dans mon hamac et essaye de boire un peu de thé mais ça ne passe pas non plus. J’essaie de boire un peu d’eau par très petite gorgée, car je me sens toujours déshydratée. Je récupère un peu de force pendant la nuit.

Le lendemain nous continuons direction la colline des croix près de Siauliai. Ce n’est toujours pas la grande forme de mon côté, mais il ne reste que 18 km jusqu’à destination. Nous nous arrêtons dans un petit camping pour la nuit. Et après une bonne nuit de repos dans une petit maisonnette, nous voilà à la fameuse colline des croix. C’est un lieu impressionnant qui déborde de croix. Le lieu en possède plus de 300’000 et chaque jour des centaines de personnes en ajoutent. Pour la petite histoire, la colline des croix a été rasée 3 fois par les bulldozers, mais les lituaniens ont toujours remis de nouvelles croix, jusqu’à ce que les soviétiques abandonnent la destruction de ce lieu symbolique.

Après la visite nous décidons de prendre le train pour Klaipeda afin de visiter l’isthme de Courlande. Une fois arrivés nous nous dirigeons à l’office du tourisme, car la folle idée de traverser l’Oblast de Kaliningrad nous est venu à l’esprit. Malheureusement le visa Russe demande du temps et de la paperasse. Après une courte averse, nous prenons la direction du port afin de prendre le bateau pour la péninsule. Jolan mange une sorte de crêpe au saumon à un petit stand à côté du port, moi je me rabat sur les pêches au sirop, car mon estomac est encore fragile. L’isthme de Courlande est une réserve naturelle qui s’étend sur 52 km en Lituanie et 46 km en Russie. Il est strictement interdit de camper sur la péninsule, mais nous décidons de faire un bivouac discret et cachons nos vélo dans la forêt pour explorer la plage. Nous cherchons de l’ambre tel des pirates à la recherche d’un précieux trésor, mais sans succès. Pendant la nuit nous sommes réveillés par la pluie puis la grêle, si bien que nous devons tenir nos imperméables de chaque côté afin de ne pas être trempé.

bivouac improvisé

Nous nous réveillons très tôt et retournons explorer la péninsule à pied puis à vélo. Notre objectif est de pédaler jusqu’à Nida, juste avant la frontière Russe et de prendre le ferry pour rejoindre le sud du pays et se diriger vers la Pologne. Nous ne nous sentons toujours pas très en forme. Nos plans changent à Juodkrante et on décide de prendre le bus pour retourner jusqu’à Klaipeda. On réserve deux nuit dans un petit hôtel avec kitchenette pour se reposer complètement au moins un jour et ensuite reprendre tranquillement la route.

Le 25 septembre, après un peu de repos, on se sent beaucoup mieux, car Jolan n’avait pas la grande forme non plus. Nous prenons le bus pour Kaunas, la deuxième plus grande ville du pays et nous sommes hébergé par Javed et sa femme pour une nuit, grâce à l’application Couchsurfing. Nous partageons un bon moment avec eux autour d’un succulent repas préparé par Javed. Après une bonne nuit de sommeil sur leur confortable canapé, nous enfourchons nos vélo direction la Pologne. La veille de notre passage de la frontière, nous nous arrêtons au bord d’un lac où nous avons prévu de passer la nuit. L’endroit sera super pour camper. Le seul hic c’est qu’il y a un panneau qui indique que le camping est interdit. Nous explorons les lieu afin de voir si nous pouvons trouvé un endroit discret où passer la nuit. Il y a une colline juste à côté sur laquelle se trouvait jadis une forteresse. Il ne reste que les deux gardiens du lieu, deux statues en bois très rigolotes.

Nous décidons finalement de demander à la seule maison des environs si cela ne dérange pas que nous campions ici. La femme à qui nous nous adressons ne parle pas anglais et comprend un peu le russe, mais mon niveau de russe n’est pas assez élevé pour m’exprimer. Nous utilisons des gestes pour nous faire comprendre et nous comprenons que la dame veut que nous attendions le retour de son mari. Nous retournons au bord du lac en attendant. Le nuit commence à tomber du coup nous décidons d’installer nos hamacs pour la nuit et de manger quelque chose. Vers les 19h30, le mari de la dame vient nous voir. Il parle très bien russe mais je ne comprend pas tout. L’homme décide de joindre son fils par téléphone pour nous servir d’interprète, il parle très bien anglais. Il m’explique que ses parents souhaitent nous accueillir pour la nuit, car il fait trop froid pour rester dehors. Après une longue hésitation, nous acceptons l’invitation et remballons nos affaire pour aller chez eux. On nous prépare quelque chose à manger et on essaye de communiquer au mieux avec mes micro bases de russe. Le lendemain matin, après un bon petit déjeuner et une fois que la pluie est repartie, nous reprenons la route. La femme nous donne quelques kilos de pommes et poires ainsi que de nombreuses tomates du jardin. Nous les remercions et partons pour la frontière qui est à quelques kilomètres de là. Nous retrouvons l’asphalte et une Eurovélo que nous suivrons en Pologne. On s’arrête pique-niquer avant la frontière. Notre repas se compose de tomates et pommes pour alléger un peu notre chargement.

Et voilà, c’est la fin de l’aventure dans les pays baltiques et la fin de nos 10 jours en Lituanie. Mince, on ne connaît pas le nom de nos hôtes…

C’est parti pour de nouvelles aventures dans un nouveau pays.